Je vais être honnête : je ne sais absolument pas comment j’en suis arrivée là. Ce matin, les Savannah Bananas n’étaient pas vraiment dans mon radar. Et pourtant, me voilà six heures plus tard, plongée jusqu’au cou dans leur histoire, leurs joueurs, leurs vlogs, leurs chorégraphies, leurs réseaux sociaux et leurs prestations, avec une seule pensée en tête : je veux assister à un de leurs matchs – et espérer avoir des billets comme quatre millions de personnes inscrites sur liste d’attente. Et pas seulement assister à un match, je veux le couvrir et rencontrer toute l’organisation.
On en est là, c’est allé très vite. Peut-être même un peu trop vite. Mais reprenons depuis le début.
Tout a commencé avec Derek Klena.
À la base, je suis une grande fan de Derek Klena. Pour celles et ceux qui ne le connaissent pas, Derek est un artiste incontournable de Broadway (genre Dimitri dans Anastasia ou Christian dans Moulin Rouge!). Alors forcément, quand j’ai commencé à voir passer sur mes réseaux sociaux des vidéos de lui entièrement vêtu de jaune en train de chanter sur des terrains de baseball, j’ai regardé. Mais sans vraiment comprendre. Dans ma tête, Derek faisait probablement des performances à la mi-temps, un sorte de half-time show ou une ouverture de match. Je regardais les vidéos, je trouvais ça génial, puis je continuais de scroller. Et puis hier, je me suis enfin posé la question : Mais c’est quoi exactement les Savannah Bananas ?
Erreur monumentale… Parce que six heures plus tard, je suis toujours dedans. Six heures ! J’ai découvert l’histoire de la création de la ligue, remonté la chronologie de l’équipe depuis 2016, regardé les vidéos YouTube de Coach RAC, parcouru l’Instagram de Jackson et KJ, retrouvé toutes les prestations de Derek que j’avais ratées, regardé la rediffusion d’un match entier, revu la plupart des chorégraphies et probablement suffisamment de contenu pour pouvoir passer un examen sur le Banana Ball.
Et quelque part au milieu de tout ça, j’ai compris que j’étais foutue. Je n’étais plus en train de chercher à comprendre ce que faisaient les Savannah Bananas. J’étais devenue fan !
Avant les joueurs, penchons-nous sur Jesse Cole.
Parce qu’on pourrait facilement résumer les Savannah Bananas à une bande de gars qui dansent beaucoup et font des choses absurdes sur un terrain de baseball. Mais ce serait passer complètement à côté de l’histoire. Derrière tout ça, il y a Jesse Cole. Un grand rêveur, obnubilé par Walt Disney et ce qu’il a construit pour le public. Jesse Cole a commencé l’aventure en rachetant une équipe à l’agonie, les Gastonia Grizzlies, avant de lancer avec sa femme Emily les Savannah Bananas.
Et ils n’ont pas construit le projet depuis le confort d’une entreprise déjà rentable avec des millions de dollars dans les caisses. Ils ont pris des risques, beaucoup de risques. Ils se sont lourdement endettés pour faire fonctionner l’équipe et défendre leur vision. À un moment, alors que les choses ne fonctionnaient clairement pas comme prévu, Jesse et Emily ont vendu leur maison et utilisé toutes leurs économies pour continuer. Mais ils croyaient tellement à l’idée qu’ils ont continué. Et cette idée tient en une phase très simple : Fans First. Entertain Always.
Ce n’est pas juste une phrase collé sur un mur pour faire joli. C’est la base de tout ce qu’ils ont construit. À Savannah, le prix du billet est volontairement accessible, environ 35$, et la nourriture à volonté est incluse. Oui… en 2026 ! L’expérience est pensée comme un tout avec le but de faire passer au spectateur la meilleure soirée possible. Et visiblement, ça fonctionne !
Aujourd’hui, ses équipes remplissent des stades immenses, attirent des dizaines de milliers de personnes, sont invitées à la télévision et participent à des événements qui dépassent largement le cadre du baseball.

Le principe est finalement très simple : faire sourire les gens.
Tout semble pensé autour de cette idée. Quel que soit le résultat du match, vous aurez probablement oublié le score, mais pas l’entrée d’un des joueurs, la danse des cheerleaders séniors (les Banana Nanas) ou masculins décalés (Man-Nana’s). Les interactions, les costumes, les danses, les numéros, les choses complètement absurdes qui se passent sur le terrain entre deux jeux, les rencontres avec l’équipe avant ET après les matchs.
Et je trouve ça fascinant parce que je viens moi-même du sport et de la communication sportive. J’ai travaillé pendant quatre ans dans les réseaux sociaux d’une équipe de football nationale. Je connais donc très bien cette mécanique : les joueurs, les supporters, les matchs, les contenus, les événements, les coulisses, la nécessité de créer un lien entre une équipe et sa communauté. Mais les Savannah Bananas prennent cette idée et la poussent à l’extrême. Le fan n’est pas simplement quelqu’un qui assiste à une rencontre sportive, il fait partie d’un spectacle pensé pour lui avant tout.
J’ai trouvé exactement ce qui manquait à ma vie.
Les Savannah Bananas sont une combinaison absolument parfaite de plusieurs choses qui me rendent instantanément heureuse: le sport, la comédie musicale, les réseaux sociaux, le spectacle, la pop culture et l’humour. Entre les références (très Millenial) à Disney Channel, Taylor Swift, Glee, High School Musical, The Greatest Showman, One Direction – et j’en passe. Évidemment que j’allais tomber dedans.
Il y a quelque chose de fascinant dans cette union entre le sport et le divertissement. On est face à des athlètes qui doivent être capables de performer physiquement, de jouer un match, de s’entraîner, de répéter des chorégraphies et de divertir des milliers de personnes.
Et puis j’ai commencé à voir cette phrase revenir dans les commentaires sous leurs vidéos :“Proof that Troy Bolton could do both.” Et honnêtement ? J’adore cette phrase parce qu’elle résume exactement l’expérience. Pour celles et ceux qui auraient échappé à High School Musical, Troy Bolton veut être basketteur et chanteur. Sauf que tout le monde lui dit qu’il doit choisir. Le sport ou la musique ? Le terrain ou la scène ? Le sportif ou l’artiste ? Les Savannah Bananas sont littéralement la preuve qu’il pouvait faire les deux.
Puis est arrivée la chaîne Youtube de Coach RAC dans la boucle.
C’est probablement à cause de lui que je suis vraiment entrée dans leur univers. En regardant les vidéos YouTube de RAC (roi du salto-arrière et sosie non-officiel de Benson Boone), j’avais l’impression de suivre un influenceur. RAC a tous les codes du vlog que je peux regarder pendant des heures. Il maitrise le storytelling et t’amène dans son quotidien : les jours de match, les déplacements, les entraînements, les coulisses, les interactions avec les autres joueurs, les défis et challenges, les remises en question.
Il est créateur de contenu à temps plein autour de sa vie de joueur et semble monter lui-même une bonne partie de ses vidéos. Et là : respect. Parce que le gars joue, s’entraîne, répète des chorégraphies, performe, passe du temps avec les fans, s’occupe de sa fille… Et il produit (avec une équipe autour) suffisamment de contenu pour alimenter régulièrement sa chaîne YouTube.
Et c’est loin d’être le seul, de nombreux joueurs de la ligue sont actifs sur les plateformes et multiplient la publication de contenus – d’ailleurs il semblerait qu’une partie de leur rémunération soit fixée par rapport à leur présence numérique. Plus on voit les joueurs en dehors du terrain, plus on s’attache aux personnes derrière les athlètes. Une équipe que je ne connaissais pas le matin même commence déjà à me donner l’impression d’être une bande de gars avec qui je traîne depuis des mois.
Faut qu’on parle de KJ…
Bon, if you know, you know! Contrairement à ce que j’aimerais vous faire croire, je n’ai pas découvert KJ grâce à une analyse approfondie de sa stratégie de contenu. Non, j’ai vu cette vidéo et j’ai bavé. OK, c’est dit. J’ai vu KJ, je me suis demandé pourquoi cette coupe de cheveux improbable, j’ai scrollé, je suis revenue en arrière, j’ai ri devant ses pas de danse approximatifs, regardé une deuxième fois une vidéo, puis scrollé encore avec un sourire aux lèvres non dissimulé. Puis j’ai fait ce que toute femme parfaitement saine d’esprit ferait dans cette situation : j’ai Google son âge. Et là, bah j’ai pleuré… Enfin, pas littéralement. Mais intérieurement, oui. C’est plus possible tous ces mecs hot nés après 2000, POURQUOI ?
Bref.
KJ a TOUJOURS le smile et c’est un fan assumé de Zac Efron et Justin Bieber – enfin je crois vu ses choix de numéros. Il dégage quelque chose de complètement magnétique et d’attirant. En plus de ça, le mec est adorable, drôle, attentionné avec les fans – et particulièrement avec les enfants. Il parle sans détour de santé mentale et de sa copine avec des coeurs dans les yeux. Impliqué dans la communauté, poli, engagé, de bonne humeur, et surtout, il donne l’impression d’être sincèrement heureux d’être là.
Je vous passe le côté omniprésent de sa foi, qui forge pas mal sa personnalité. America, God bless…
Alerte green flags !
C’est probablement le moment où mon intérêt est devenu une véritable obsession. Parce que derrière tous ces gars qui font les clowns sur un terrain, je découvre des athlètes qui ont l’air profondément attachés au concept. Ils répètent souvent qu’ils ont choisi de faire partie de cette ligue et de faire passer la compétition en second plan. Ils ont choisi d’apprendre des chorégraphies en assumant haut et fort leur côté féminin. Ils ont choisi de ne pas se prendre trop au sérieux et de participer à des séquences complément WTF qui les ridiculisent parfois. Et si on leur donnait une place dans la MBL, la plupart n’en veulent pas. Ils préfèrent s’amuser et embrassent le côté décalé de leur activité.
Et puis il y a leur dévotion aux fans. Je l’ai déjà mentionné, mais je crois qu’on ne se rend pas vraiment compte de ce que ça représente avant d’avoir vu quelques-uns des vlogs des gars les jours de match. Je connais bien ces routines et normalement c’est une bulle complète où la concentration et l’entraînement sont prioritaires. La mise en condition, essentielle et chère aux athlètes, se passe souvent sur le terrain. Les Savannah Bananas, eux, prennent plus de temps à échanger avec les partisans de l’équipe qu’à se préparer pour leur match. Ils assurent des sessions d’autographes, de photos et des danses collectives avant ET après la rencontre. Ils ne sont pas avares d’interactions et n’ont jamais l’air blasés.
Je ne sais pas si c’est leur personnalité, leur culture d’équipe ou le projet lui-même qui crée ça, mais il y a quelque chose de très touchant dans leur façon d’être avec les gens. Je n’ai jamais vu autant de bienveillance chez de jeunes athlètes, cette volonté de servir leur communauté et de prendre soin des autres.
Oh et je vous ai dit que chaque équipe a une femme dans son alignement? Les équipes sont donc techniquement mixtes. Je suis passée de : « c’est vraiment drôle » à « oh non, mais je les aime vraiment. »
Parce que derrière le chaos, il y a énormément de travail
C’est probablement ce qui m’impressionne le plus avec le recul. On voit le résultat final et on se dit : « Ah oui, ils sont complètement fous. » Mais derrière chaque petite danse, il y a des heures de répétition. Une disponibilité supplémentaire qu’il faut trouver dans un emploi du temps déjà bien rempli. Ces gars s’entraînent, voyagent, apprennent et répètent des chorégraphies, mémorisent des placements et des paroles de chansons. Ils doivent être capables de performer devant des milliers de personnes. Et ils recommencent jusqu’à ce que tout ait l’air suffisamment naturel pour donner l’impression que rien n’a été préparé.
C’est une quantité de travail assez dingue. Et c’est justement ce qui rend leur lâcher-prise encore plus admirable. Même quand ils ratent un pas. Même quand ils ne sont pas parfaitement dans le rythme. Même quand quelque chose ne se passe pas comme prévu. Ce n’est pas grave, le but n’est pas la perfection. Le but, c’est de s’amuser.
Un petit mot sur Jackson Olson
Parce-qu’apparemment une seule activité ne lui suffisait pas, il mérite qu’on s’arrête deux secondes sur son cas. Le Golden Boy qui a longtemps été la figure de l’équipe, réussit à mener une saison avec les Savannah Bananas ET participe à Dancing with the Stars en parallèle. Je vous laisse juste réfléchir à tout ce que cette émission implique de répétitions, de déplacements et de préparation, c’est quand même une prouesse.

le jaune ne me dérange finalement pas
Autre confession : je déteste le jaune. Je pense sincèrement que c’est l’une des couleurs les plus laides du monde.
Et pourtant, me voilà à regarder les Savannah Bananas couverts de jaune et à me dire « …mais finalement, c’est pas si pire». Ils ont réussi à me convertir à une couleur que je méprise depuis probablement toute ma vie. Il se pourrait même qu’un maillot de l’équipe soit actuellement en transit de la boutique à mon domicile.
D’ailleurs, il y a un autre détail auquel je n’avais manifestement jamais pensé avant de commencer à regarder du baseball : les uniformes sont très, très près du corps. C’est vraiment confortable à porter pendant un match et pour bouger autant ? J’ai quand même pas mal de questions… Un volontaire pour y répondre ?
Respect éternel aux caméramans
Je ne peux pas non plus parler des Bananas sans parler des équipes de production qui suivent ces joueurs partout pendant les deux heures de match. Parce que ces gens courent littéralement comme des malades avec leur matériel pour nous offrir l’immersion la plus complète. Ce sont les véritables héros derrière le succès de toutes ces vidéos virales, et leur travail est absolument essentiel au phénomène.
Les vidéos POV et behind the scenes ont parfois autant de vues que les prestations des joueurs. Et on ne manque pas de reconnaître leurs prouesses dans les commentaires. Et ça, ça me fait chaud au coeur.
Revenons rapidement à Derek.
Comme si je n’avais pas déjà suffisamment de raisons de devenir complètement accro, il y a Show Starts Now, la chanson d’ouverture des matchs de 2026. Interprétée par Derek Klena et écrite par Benj Pasek et Justin Paul. Non, non, c’est pas une blague. À ce stade, je ne peux même plus faire semblant d’être objective. Et si vous vous demandez qui sont Benj Pasek et Justin Paul. Nul autre que les compositeurs et paroliers de La La Land et The Greatest Showman. Voilà, voilà…
C’est sûr que Derek est derrière tout ça. Du moins, c’est ce que j’ai envie de croire. Le spectacle, la musique, le sport, la chorégraphie, Derek. Pasek & Paul : Tout est là. C’est improbable ! C’est magistral !
Si je ne vous ai pas convaincu de tomber dans la spirale avec moi, sérieux je ne sais plus quoi faire.
Dépassée par l’ampleur du phénomène.
Grosse naïve que je suis, après mes six heures de rabbit hole, je me suis dis que j’allais me payer le premier avion pour Savannah et une paire de billets pour le prochain match. C’était sans compter sur le système de loterie fermé depuis 2025 et une liste d’attente sur laquelle plusieurs millions de personnes sont inscrites. PARDON?
Bon, j’avoue que les stades de NFL vendus à guichet fermé auraient dû me mettre la puce à l’oreille. Tout comme les apparitions à la télévision et les performances dans des événements iconiques comme le Nouvel An à Times Square. Et sans oublier les impressionnantes têtes d’affiche qui sont venues participer aux numéros; je pense à Kristen Bell qui nous a chanté du Frozen, Keith Urbain en spectacle de la mi-temps ou Jamie Miller qui n’a pas manqué de venir faire sa Babydoll dance sur le terrain. Et dire que tout a commencé avec une équipe qui n’arrivait pas à vendre les places d’un stade de quelques milliers de siège. La success story est folle.
Je comprends pourquoi je voyais autant de vidéos passer sur mes réseaux. Ce n’était pas un petit truc niche, j’étais juste très en retard.
Mon seul problème : je les ai découverts à la toute fin.
Évidemment, parce que je ne pouvais pas porter un peu plus attention aux vidéos de Derek et découvrir cette équipe en mars. Non… Il fallait que mon cerveau décide de se réveiller à la toute fin de la saison. Littéralement le lendemain du dernier match de playoffs. La finale de la saison (le Banana Ball) a lieu ce samedi et sera diffusée en direct sur Disney+ et YouTube.
Vous vous en doutez, je serai bien entendu devant mon écran. Je pourrai ensuite me rabattre sur les milliers de vidéos déjà disponibles. J’ai facilement des heures de contenu à rattraper. De quoi tenir jusqu’à février 2027, le lancement de la prochaine saison. PS: Pitié Jesse, resigne Derek pour une année supplémentaire!
Mais surtout, j’’ai un objectif très clair : je veux assister à un match. Non, je VAIS assister à un match. Puis je vais me rendre à Savannah, au Historic Grayson Stadium. Parce qu’après avoir passé autant de temps à observer leur stratégie de contenu, leur rapport aux fans, leurs performances, leurs réseaux sociaux et tout ce qui se passe autour du terrain, j’ai maintenant envie de voir ce phénomène en vrai. De sentir l’énergie d’un stade, de parler aux fans, de découvrir les coulisses, de voir les joueurs courir d’une part à l’autre du stade.
Bref, j’ai une nouvelle obsession: les savannah bananas.
Je suis arrivée ici à cause de Derek Klena. Je pensais qu’il faisait des performances à la mi-temps. J’ai découvert une équipe. Puis une ligue. Puis Jesse Cole. Puis une philosophie et une vision. Puis des joueurs et leurs personnalités. Puis beaucoup trop de green flags. Puis des uniformes de baseball beaucoup trop moulants. Puis du Disney Channel. Du Taylor Swift. Du Broadway. Du Glee. Des athlètes qui sont aussi des performeurs. Des performeurs qui sont aussi des créateurs. Et surtout, des gens qui semblent avoir compris quelque chose de très simple en 2026 : le sport peut être sérieux sans avoir besoin de se prendre au sérieux. Et peut-être que c’est exactement ce qui me manquait.
Alors oui, je suis arrivée beaucoup trop tard. Mais je suis là ! COME AND TAKE THAT RIDE, GONNA CHANGE YOUR LIFE. ARE YOU READY? 🍌















